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François Fillon qui ne s’est
pas exprimé en langue nippone lors de son
passage à Tokyo a dernièrement utilisé
un mot tabou en France.
Il avait déjà employé un
mot de la langue française qui trouve 5
traductions possibles au pays du soleil levant:
le mot faillite : "tousan'"
Notre Premier ministre savait sans doute qu’un
des nombreux défis de la langue japonaise
réside dans les nombreux niveaux de politesse
qu'elle contient et varient selon la situation.
A t'il voulu ainsi rassurer un partenaire économique
en plaçant courtoisement dans son discours
un mot dont le Japon ne peut ignorer le sens ?
Car avec 1,2% de croissance enregistrée
au premier trimestre par rapport au trimestre
précédent, l‘économie
japonaise a fait mieux que les Etats Unis et la
zone euro grâce à la bonne tenue
de la consommation intérieure et à
la vigueur des exportations vers le reste de l’Asie.
Mais les réalités économiques
manquent parfois de formules polies et la fin
attendue de l’effet des mesures de relance
devrait ralentir le rythme de hausse du PIB japonais
dans les trimestres à venir.
Toujours est-il que l’Archipel ne se défend
pas mal face aux agressions de tous ordres. Surtout
au moment où la chute de l’euro risquait
fort de rendre moins compétitives les exportations
japonaises.
Quoi qu'il en soit, le Japon semble s'armer pour
circonscrire la crise. En en dépit d'une
croissance de 2,6% durant l'année budgétaire
contre 1,8% due à l'augmentation de la
croissance des pays émergents, la Banque
centrale du Japon ( BoJ ) prévient que
des risques de ralentissement de l'économie
mondiale pourraient affecter sa croissance. Elle
juge notamment "nécessaire d'observer
l'évolution des finances publiques d'une
partie des pays d'Europe".
D'où la mise en place de quelques mesures
qu'on pourrait d'ailleurs retrouver en France.
En effet, le 17 juin dernier, un expert évoquait
le possible doublement de la taxe sur la consommation
TVA, de 5 à 10 %, afin de couvrir les dépenses
engendrées par le vieillissement de la
population. Car le gouvernement espère,
via ce programme : "Tax System for the Declining
Birthrate and Aging Population", percevoir
l'équivalent de 12.5 trillions de yen,
dès la première année de
sa mise en action.
Cette mesure n'est pas faite pour favoriser les
ménages à faibles revenus. Le rapport
recommande donc l'instauration d'un faible taux
de TVA sur les produits de première nécessité
- comme l'alimentaire.
Chez nous, la gen'kaku pourrait bien se nourrir
d'une augmentation de la TVA, à l'instar
de ce qui se dit dans les couloirs et vient d'entrer
dans la maison France par une fenêtre ouverte
par le sénateur UMP Philippe Marini. |