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Avec quel Iran les pays européens devront-il
traiter dans les semaines à venir ?
Le président ultra-conservateur, Mahmoud
Ahmadinejad vient d’être réélu
grâce à un scrutin très contesté.
Depuis l’annonce du vote, le pays baigne
dans une ambiance sécuritaire et violente.
Les manifestants descendent de moins en moins
dans la rue par peur des représailles,
et les grandes villes sont toujours quadrillées
par les bassiji.
Durant les dernières semaines, ces milices
armées ont été au cœur
des affrontements avec les manifestants. Des affrontements
qui ont fait officiellement une vingtaine de morts.
D’après les chiffres de la Fédération
internationale des droits de l’homme (FIDH)
en relation avec les familles sur place, plus
de 2000 personnes ont été arrêtées,
dont des militants des droits de l’homme,
des journalistes et des étudiants. Il y
aurait également une centaine de disparus.
Dans ce contexte, les relations diplomatiques
avec certains pays européens se sont dégradées.
La semaine dernière, les ministres de affaires
étrangères des pays du G8, réunis
en Italie, ont demandé la fin des violences
et invité le pouvoir iranien à respecter
en particulier le « droit d'expression ».
La Grande-Bretagne s’est vu accusée
par Téhéran d’avoir fomenté
les manifestations des Iraniens contre le résultat
des élections. Neuf employés iraniens
de l’ambassade britannique ont été
arrêtés dans un premier temps, puis
cinq d’entre eux ont été libérés.
De son côté le Guide suprême
iranien, Ali Khamenei, a visé directement
l’Europe et les Etats-Unis en critiquant
« leurs remarques idiotes sur l'Iran ».
A son tour, le chef du gouvernement italien, Silvio
Berlusconi a évoqué de possibles
sanctions, qui pourraient être prises à
l’encontre de l’Iran, lors du prochain
sommet du G8, qui se tiendra en Italie du 8 au
10 juillet.
Quelle serait la nature de ces sanctions ? Les
pays européens sont-ils vraiment prêts
à prendre de nouvelles mesures contre l’Iran
?
L’Iran est un partenaire de poids pour
l’Union européenne. Les exportations
des pays européens vers ce pays s’élèvent
à 14,1 milliards d’euros en 2008.
Pour la France, il s’agit avant tout de
vendre ses automobiles, Peugeot et Renault sont
bien implantés en Iran et représentent
55% de ses exportations. En ce qui concerne les
importations également, l’Europe
compte sur l’Iran comme fournisseur éventuel
d’énergie en cas de nouveaux problèmes
d’approvisionnement avec le gaz Russe.
Par ailleurs, les sanctions économiques
déjà imposées à l’Iran
depuis près de 30 ans par les Etats-Unis
n’ont pas empêché les dirigeants
du pays d’adopter une ligne plus conservatrice.
D’ores et déjà des voix s’élèvent
dans la société civile iranienne.
La lauréate du prix Nobel de la paix, Shirin
Ebadi, a estimé que des sanctions économiques
porteraient davantage atteinte à la population
qu'au régime, suggérant plutôt
l’adoption de sanctions politiques contre
l'Iran.
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