| En décidant
de faire de 2010 l'année internationale de la diversité
biologique, l'ONU s'appuie sur le constat unanime des scientifiques
du monde entier : les bouleversements environnementaux sans
précédent causés par les activités
humaines provoquent une érosion accélérée
de la diversité biologique.
Mais la biodiversité est
un concept à large spectre. Il s’étend
des gènes à la biosphère, en passant
par les espèces et les écosystèmes. Or,
nous sommes encore plus ignorants sur le rôle que joue
la diversité biologique elle-même dans le maintien
des écosystèmes et des services qu’ils
assurent.
Et dans cet univers, l'exemple de
la forêt cité par les experts qui partent du
postulat suivant est plus qu' emblématique. En effet,
une forêt très diversifiée absorbe du
gaz carbonique - fonction vitale, pour limiter le réchauffement
climatique. Supposons que l’on rase cette forêt
pour la remplacer par une monoculture forestière. Le
service sera toujours assuré, voire mieux dans un premier
temps (car de jeunes arbres qui poussent vite absorbent plus
de CO2 que des vieilles forêts qui se régénèrent
lentement). Mais qu’en sera-t-il à long terme?
Au bout de plusieurs dizaines d’années, les conséquences
de la perte de biodiversité se feront sans doute sentir.
En effet, le remplacement d’espèces variées
par une espèce unique aura entraîné à
coup sûr un appauvrissement du sol et, à terme
, un ralentissement de la croissance de la forêt, donc
de sa capacité à absorber le CO2.
Voilà pourquoi Olivier Tournafond,
président du site Natura 2000 de la forêt de
Fontainebleau, s'érige contre les actions de déforestation
entreprises par l'ONF qui sacrifie par des coupes rasesde
vieux arbres et parfois la plantation de résineux un
capital bio qui risque fort de disparaître à
jamais. La forêt de Fontainebleau est un important massif
boisé de 25 000 ha, dont 21 600 ha sont aujourd'hui
administrés en forêt domaniale. Mais cette forêt
dont les arbres les plus représentés sont :
les chênes , le pin sylvestre , le hêtre , mais
aussi les "bouquets du roi" chênes dont les
branches se séparent dès la base voit sa riche
diversité menacée depuis 1970. D'où la
volonté de créer un parc national.
La variété géologique, acides, et calcaires,
sec et humide, la diversité de reliefs sont en effet
à l'origine de la grande diversité d'espèces,
ainsi que la présence de très vieilles futaies,
milieu devenu aujourd'hui très rare, et abritant quantité
d'espèces dépendant du vieux bois tant animales
que végétales (champignons, lichens...).
Sous des noms enchanteurs : Garance voyageuse (Rubia peregrina)
Campanule à feuilles de pêcher (Campanula persicifolia)
Alisier de Fontainebleau (Sorbus latifolia) Céphalanthère
rouge (Cephalanthera rubra), Petit Pigamon (Thalictrum minus),
Rosier pimprenelle (Rosa pimpinellifolia) ), Dompte-venin
(Vincetoxicum hirundinaria), Trèfle rougeâtre
(Trifolium rubens), Amélanchier (Amelanchier ovalis)
entre autres, la forêt ne veut pas sombrer dans un remake
des adieux de Fontainebleau. D'où la verte réaction
d'Olivier Tournafond qui retrace en moins de 5 minutes dans
une chronique audio : le passé, le présent et
l'avenir de cette prestigieuse forêt.
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