Document sans titreles adieux de fontainebleau version bio
  Ecologie aménagement & développement durables
 
Chronique de Olivier Tournafond, Professeur de droit à l'université Paris XII et Président du site Natura 2000 de la forêt de Fontainebleau
Média
durée 5'00
Date 28/06/2010
   
POUR NE PAS AVOIR A VIVRE LES ADIEUX DE FONTAINEBLEAU VERSION BIO

En décidant de faire de 2010 l'année internationale de la diversité biologique, l'ONU s'appuie sur le constat unanime des scientifiques du monde entier : les bouleversements environnementaux sans précédent causés par les activités humaines provoquent une érosion accélérée de la diversité biologique.

Mais la biodiversité est un concept à large spectre. Il s’étend des gènes à la biosphère, en passant par les espèces et les écosystèmes. Or, nous sommes encore plus ignorants sur le rôle que joue la diversité biologique elle-même dans le maintien des écosystèmes et des services qu’ils assurent.

Et dans cet univers, l'exemple de la forêt cité par les experts qui partent du postulat suivant est plus qu' emblématique. En effet, une forêt très diversifiée absorbe du gaz carbonique - fonction vitale, pour limiter le réchauffement climatique. Supposons que l’on rase cette forêt pour la remplacer par une monoculture forestière. Le service sera toujours assuré, voire mieux dans un premier temps (car de jeunes arbres qui poussent vite absorbent plus de CO2 que des vieilles forêts qui se régénèrent lentement). Mais qu’en sera-t-il à long terme? Au bout de plusieurs dizaines d’années, les conséquences de la perte de biodiversité se feront sans doute sentir. En effet, le remplacement d’espèces variées par une espèce unique aura entraîné à coup sûr un appauvrissement du sol et, à terme , un ralentissement de la croissance de la forêt, donc de sa capacité à absorber le CO2.

Voilà pourquoi Olivier Tournafond, président du site Natura 2000 de la forêt de Fontainebleau, s'érige contre les actions de déforestation entreprises par l'ONF qui sacrifie par des coupes rasesde vieux arbres et parfois la plantation de résineux un capital bio qui risque fort de disparaître à jamais. La forêt de Fontainebleau est un important massif boisé de 25 000 ha, dont 21 600 ha sont aujourd'hui administrés en forêt domaniale. Mais cette forêt dont les arbres les plus représentés sont : les chênes , le pin sylvestre , le hêtre , mais aussi les "bouquets du roi" chênes dont les branches se séparent dès la base voit sa riche diversité menacée depuis 1970. D'où la volonté de créer un parc national.

La variété géologique, acides, et calcaires, sec et humide, la diversité de reliefs sont en effet à l'origine de la grande diversité d'espèces, ainsi que la présence de très vieilles futaies, milieu devenu aujourd'hui très rare, et abritant quantité d'espèces dépendant du vieux bois tant animales que végétales (champignons, lichens...).

Sous des noms enchanteurs : Garance voyageuse (Rubia peregrina) Campanule à feuilles de pêcher (Campanula persicifolia) Alisier de Fontainebleau (Sorbus latifolia) Céphalanthère rouge (Cephalanthera rubra), Petit Pigamon (Thalictrum minus), Rosier pimprenelle (Rosa pimpinellifolia) ), Dompte-venin (Vincetoxicum hirundinaria), Trèfle rougeâtre (Trifolium rubens), Amélanchier (Amelanchier ovalis) entre autres, la forêt ne veut pas sombrer dans un remake des adieux de Fontainebleau. D'où la verte réaction d'Olivier Tournafond qui retrace en moins de 5 minutes dans une chronique audio : le passé, le présent et l'avenir de cette prestigieuse forêt.

 
 
Forêt normalement entretenue
 
Réserve biologique intégrale
Forêt ONF
Forêt ONF + 20 ans
Evolution de la forêt de Fontainebleau au rythme où vont les choses
     
   
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